Camille Côté, briser les standards

En autodidacte, Camille Côté brise les standards, repense le chapeau et a pu développer une ligne de produits intégralement conçu avec des bandes élastiques. Entièrement conçus à Montréal, les chapeaux se veulent accessibles grâce à une simplification du processus de production. Les matières sont soigneusement sélectionnées en Europe puis les formes épurées sont travaillées efficacement pour convenir à toutes les formes de visage et types de cheveux.

Rencontre avec une jeune entrepreneur passionnée, divertissante et créative. Oh que vous n’avez pas fini d’entendre parler de Camille Côté.

1/ Comment décrivez-vous votre parcours ?

J’ai toujours eu un fort intérêt pour la mode. J’ai commencé le dessin à 4 ans et la couture à 7 ans. J’ai quitté ma ville natale, Rimouski, à 16 ans pour aller étudier en Mode à Québec, au Campus Notre-Dame-de-Foy. J’ai choisi l’option chapellerie et j’ai appris les bases. Ça m’a permis de développer une nouvelle passion. Immédiatement après mes études, je suis déménagé à Montréal. J’ai travaillé dans l’industrie et je confectionnais des chapeaux et une collection de vêtements dans mes temps libres, dans mon atelier maison (dans le garde-robe de cèdre de mon appartement, au demi sous-sol).

2/ Comment vous est venue l’idée de fonder Camille Côté ?

Mon idée de départ était d’avoir une ligne de vêtements. J’ai commencé à bâtir mon plan d’affaires en ce sens, c’était laborieux. Je me suis fait refuser au SAJE. Malgré mon but premier, je n’ai jamais arrêté de faire des chapeaux. Un jour, j’ai fait un chapeau avec une bande élastique intégrée au dos, par « erreur », et ça m’a ouvert les yeux. Cette nouvelle façon de faire a influencé ma collection 2016. J’ai axé mes efforts sur les chapeaux et mon entreprise est née, naturellement.
J’ai perçu qu’il y avait un manque d’innovation dans le domaine de la chapellerie. Dans les dernières années, il y a eu un retour sur cette tendance et j’ai saisi l’opportunité intuitivement. J’ai lancé Camille Côté officiellement en septembre 2016. Ma collection était en vente chez Simons et j’ai senti que j’avais ma place sur le marché. Les gens en portent, autant pour l’esthétique, que pour le côté pratique.

3/ Quelles ont été les difficultés rencontrées ?

Je me suis faite copier ma signature, les chapeaux avec élastique. Pour l’instant, ça ne m’affecte pas. Par contre, si une personne ou une cie ayant accès à du financement vient à développer cette idée, mon entreprise pourrait en souffrir.
L’avantage dans les chapeaux, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de manufactures. J’ai dû faire beaucoup de recherche et de développement avant de trouver une qualité supérieure et de rendre un bon résultat. Disons aussi que je commence a avoir une bonne carapace pour les refus. Dès 2014, j’ai commencé a solliciter des boutiques et je me faisais dire non. Encore aujourd’hui, je me fait souvent dire que les chapeaux coupés ne sont pas conventionnels. Je suis peut-être un peu trop avant-gardiste. Seulement, c’est blessant de se faire dire non souvent, alors que moi, je crois en mon produit.
C’est drôle parce que les clients particuliers aiment mes produits, sans se poser de questions. Alors que les commerçants s’en posent trop. C’est dommage, ils ne se mettent pas assez à la place du client, qui lui, a seulement besoin d’avoir un coup de coeur pour passer à l’achat.

© Bruno Guérin

4/ Quel conseil donneriez-vous à un entrepreneur en démarrage ?

Je lui dirais de s’écouter. De ne pas se faire influencer. Maintenant, avec les médias sociaux, on se compare trop. Il faut se créer une bulle et rester fidèle à ce que l’on est et à ce que l’on veut. Il faut aussi bien s’entourer, de gens intelligents, qui croient en toi.

5/ Comment voyez-vous votre cie dans 1 an, 5 ans, 10 ans ?

Je veux développer davantage mon e-commerce. Je vais mettre l’accent là-dessus pour la prochaine année. On travaille présentement sur un nouveau site web, qui facilitera les ventes en ligne, avec une expérience client améliorée. Mon style de chapeaux, avec élastique, est flexible, c’est plus facile de s’assurer d’avoir la bonne taille. Les chapeaux sont pensés comme des vêtements, ils offrent un ajustement parfait sur la tête.J’aimerais également étendre mon réseau de points de vente au Canada. J’ai aussi comme objectif d’augmenter ma communauté sur les médias sociaux, afin de rejoindre des gens de partout. Je veux faire plus de contenu vidéos et photos. Je n’ai pas énormément d’argent à investir en marketing pour l’instant mais quand on est créatif, on peut fait beaucoup, avec peu. C’est un beau défi !

6/ Un(e) entrepreneur(e) qui vous inspire.

Ricardo ! Je suis une grande fan de Ricardo Larrivée. Il a démocratisé la cuisine, il a rendu la cuisine accessible par sa passion.

7/ Votre rêve le plus fou ?

Éventuellement, avoir une ligne de vêtements haut de gamme, avec une section de basiques, qui serait plus accessible.
J’aimerais aussi voir plein de gens dans la rue se promener avec des chapeaux comme les miens, ouverts au dos avec élastique. Ça me ferait vraiment plaisir d’avoir popularisé cette tendance.

Camille vient de lancer sa collection printemps – été 2018 et on adore !

J’avoue, lors de ma visite à son atelier, j’ai succombé et j’ai fait l’achat du Dean Noir (!!!).

© Bruno Guérin