Coup de coeur : les Microcosmes de Daphnée Côté-Hallé

Daphnée c’est le genre de personne qui capte l’attention de toute une pièce. Qu’elle soit sur scène, dans un cours, dans ton écran… Son côté artistique transparaît peu importe ce qu’elle touche ! C’est lors d’un cours à l’université que Daphnée m’a parlé pour la première fois des collages qu’elle réalisait. Elle devait se rendre chez un vieux monsieur qui vendait des National Geographic datant de plusieurs années. Ça ne m’a pas surpris une seconde de voir que son travail était franchement très beau et créatif. Je vous partage aujourd’hui le résultat de cette création et mon récent coup de coeur : les Microcosmes de Daphnée Côté-Hallé.

1/ Que représentent tes collages, les Microcosmes ?

Chacun y prend ce qu’il peut, y perçoit ce qu’il veut. C’est la beauté du collage, puisqu’il a l’avantage d’être un médium mélangeant abstraction et art figuratif. Tous peuvent s’y reconnaître, ou pas, et être interpellés de la façon dont il l’entend. C’est donc plutôt une proposition d’univers plutôt que d’une prise de position. Il y bien sûr l’aspect de la femme, mais je souhaite laisser libre cours à l’interprétation, c’est une fonction de l’art en soi !

2/ Justement j‘ai remarqué qu’il y avait beaucoup de figures féminines dans tes collages. Est-ce l’aspect de la femme, du féminisme ou de la féminité tout simplement sont quelque chose qui est important à illustrer dans tes œuvres ?

C’est un mélange de tout ça je dirais. Ça s’est souvent imposé à moi sans que je me l’explique trop, j’avais envie d’explorer la femme dans une posture contemplative, mais aussi parfois comme une figure de force. À cet effet, j’utilise souvent des vieilles publicités des années 50-60-70, où la femme était souvent « objectifiée » dans une visée publicitaire et je m’amuse à remettre ces femmes dans un contexte où elles apparaissent émancipées.  Par exemple, Les Parques montrent trois femmes accrochées à des montgolfières, qui sont en fait issues d’une publicité de tapis, où des femmes se vautrent de façon absurde dans des tapis. C’est en quelque sorte une façon de leur rendre justice! Finalement, il y a peut-être un peu l’aspect de projection de soi évidemment, car je mets en scène des univers où j’aimerais me retrouver, le temps d’une escapade surréaliste, d’où le nom « les microcosmes», qui sont des petits univers.
3/ Comme tu m’en avais déjà parlé à l’époque où ton projet était un peu plus embryonnaire, les National Geographic sont-ils toujours une source inépuisable d’inspiration ?
Les National Geographic entre 1950 et 1980 sont ma plus grande source d’images. J’en ai accumulés des dizaines depuis des années. Sinon j’utilise plein des vieilles revues, des vieux livres de plantes et des vieux magazines d’astronomie que je m’amuse à trouver dans les marchés aux puces et les brocantes. Récemment, j’ai acquis une collection moisie du magazine Montréal des années 64 à 70. C’est drôle, car même si les revues sont moisies, je n’ose pas découper dedans, par respect du patrimoine. Éventuellement j’oserai peut-être, pour une série spéciale sur Montréal.
4/ Quels artistes t’inspirent ? Ici comme ailleurs…
Mon artiste préférée est Beth Hoeckel, de Baltimore, dont tu avais déjà parlé dans un post! Mon imaginaire se rapproche beaucoup du sien et nos sensibilités se raccordent aussi. Plus près de nous, Montréal est une ville foisonnante au niveau du collage. On y publie le magazine à portée internationale Kolaj, qui est une référence très inspirante dans le monde du collage. Instagram me permet aussi de découvrir beaucoup d’artistes. J’admire beaucoup le travail de Marin Blanc et son univers épuré, coloré et vraiment propre à elle. Ses oeuvres ont popularisé le collage comme médium dans les dernières années et je trouve ça génial.

 

5/ Tu as tout récemment réalisé ton premier vernissage ! Comment s’est déroulée cette expérience ? 

Oui! Le Bar Palco m’a accueillie généreusement et mes oeuvres y sont exposées pour quelques semaines encore. L’expérience fut à la fois enivrante et terrifiante. Je suis habituée de performer devant public étant comédienne, mais je ne m’étais rarement livrée aussi intimement de cette façon. Regarder les gens regarder tes oeuvres est une expérience bien étrange. Le Artgang m’a aussi accueillie pour leur marché de Noel et j’ai adoré l’expérience. Je compte bien tenter de faire d’autres marchés cette année.

Marché Cut&talk Artgang

6/ Je te connais comme une personne super artistique, qui joue au théâtre, à la télévision et qui explore plusieurs médiums. Comment chacune des ces passions se nourrissent entre elles ?

Le collage me nourrit en tant que comédienne je dirais. Le métier comportant son lot de périodes creuses, le collage me permet d’exprimer ma créativité dans une liberté immédiate qui m’est nécessaire et vitale en tant qu’artiste. Ça devient un canal et un exutoire pour mon surplus d’imagination et de sensibilité. J’étudie actuellement en scénarisation aussi, et ça m’inspire aussi beaucoup dans l’écriture.

7/ Pour finir, qu’elle est la suite dans tes projets ?

J’envisage le tout une étape à la fois vu que c’est surtout par pur plaisir que je m’y adonne et je ne veux pas m’encombrer d’une pression de production et perdre l’objectif principal qui est de partager mon art.  Sinon, je réalise actuellement une affiche d’un court-métrage et bientôt celle d’un festival d’art en 2018. J’aimerais faire une autre expo de collage éventuellement, avec du nouveau matériel et quelques marchés on l’espère. En dehors du collage, on pourra me voir dans la Saison 2 de Faits Divers à Radio-Canada (et aussi dans la saison 1 qui est disponible sur tou.tv ) et dans des courts-métrages en festival, en plus de collaborer à plusieurs scénarios. Sinon, ma compagnie de théâtre Une Autre Compagnie de théâtre prépare une nouvelle création pour 2019. C’est à suivre !
On souhaite un grand succès aux Microcosmes de Daphnée Côté-Hallé et c’est sans contredit qu’on va suivre attentivement tous ses projets !