Noémiah, élégance et féminité

C’est avec grand plaisir que j’ai rencontré Noémie, fondatrice de la marque Noémiah, marque qui reflète élégance et féminité. J’ai un gros coup de coeur pour cette designer authentique qui ne cesse de nous surprendre, année après année, collections après collections.

Noémiah X Very Joëlle

 

1/ Comment décrivez-vous votre parcours ?

 
Suite à l’obtention de mon baccalauréat, j’ai enseigné le français. En complétant ma maîtrise en littérature, j’ai commencé à faire des bijoux, par plaisir. Je suis allée les porter à la boutique Coccinelle Jaune et je les ai tous vendus ! Par la suite, j’ai eu un deuxième point de vente, la boutique Unicorn. Ensuite, j’ai ouvert ma boutique en ligne sur Etsy. J’ai senti un engouement pour mes créations, qui étaient des bijoux avec plumes. Avec tout ça, je commençais à manquer de temps et j’avais envie de me lancer avec Noémiah.
 

2/ Comment vous est venue l’idée de fonder Noémiah ?

 
J’ai toujours eu un fort intérêt pour la mode. J’ai exploré les avenues possibles et je me suis inscrite à l’école des métiers des Faubourgs-de-Montréal. La formule a changé, mais, lorsque j’étais inscrite il y avait trois programmes en mode : sur mesure et retouches, patron et tailleur. J’ai complété sur mesure et retouches (je ne savais même pas coudre !) et patron. Comme je n’avais aucune connaissance, c’était assez difficile, mais je sentais que j’étais à ma place. Apprendre la couture a été, dans mon cas, un grand défi. Par chance, un jour, j’ai eu un déclic. C’est là que j’ai compris la structure du vêtement et que j’ai appris les bases techniques.
J’ai fait deux stages, un avec Valérie Dumaine et un avec Travis Taddeo. J’ai beaucoup appris de ces designers : structure de l’entreprise, gestion des sous-traitants, administration, processus de création, etc.
Mon dernier stage s’est terminé en avril 2014 et deux mois plus tard, je lançais ma première collection. J’étais hyper motivée et inspirée, depuis ce temps, je n’ai cessé de faire ce que j’aime.
La robe avec les baigneuses a été mon premier truc « populaire ».
J’ai aussi eu de belles collaborations (Veinage pour des sacs à main, Paule T.B pour les illustrations).

3/ Quelles ont été les difficultés rencontrées ?

 
C’est très difficile de déléguer. J’ai eu du mal à expliquer à mes fournisseurs exactement ce que je voulais, sans avoir l’air trop boss. En même temps, il faut comprendre que c’est toi qui sais ce que tu veux, qui crées. Par chance, mon expérience en enseignement m’a beaucoup aidé à diriger, aiguiller vers la bonne voie.
Sinon, c’est certain que c’est toujours difficile de gérer le stress et l’anxiété d’être entrepreneur… Parfois, j’aimerais que ma vie soit un peu plus légère ! Il faut trouver l’équilibre. Pour ma part, je l’ai trouvé dans le fait d’être libre dans mon métier. Mon but n’est pas de faire de l’argent à outrance, je ne me sens pas obligée de faire des choses qui vendent. J’ai décidé de ne pas avoir une vision commerciale.

4/ Quel conseil donneriez-vous à un entrepreneur en démarrage ?

Au départ, ma plus grande crainte était de m’éloigner de ma vision artistique, de mes idées, de ce que j’ai réellement envie de faire. Il faut rester fidèle à soi-même et à ce que l’on veut faire et offrir.

Il faut aussi se trouver un bon réseau de collaborateurs, ne pas avoir peur de cogner aux portes de personnes dans ton domaine, qui vivent la même réalité que toi, avec qui tu peux partager et échanger. Pour ma part, ça m’a beaucoup aidée et la majorité sont devenus de bon(ne)s ami(e)s.

5/ Comment voyez-vous votre cie dans 1 an, 5 ans, 10 ans ?

Mon idéal, c’est de rester libre, c’est la philosophie de mon entreprise. Je ne sais pas comment ça va évoluer, mais chose certaine c’est que je veux rester fidèle à moi-même et continuer d’apprendre.

Dans mes rêves les plus fous, je fais un stage chez Delpozo en Espagne et je pars en France perfectionner la broderie à la maison Lesage. Je veux rencontrer des gens inspirants, travailler d’autres matières, sortir de ma zone de confort pour mieux revenir.

6/ Un(e) entrepreneur(e) qui vous inspire.

Au Québec, on a l’impression que l’entreprenariat est vraiment valorisé et que beaucoup de gens se lancent en affaires. Malheureusement, il n’y a beaucoup de start-up qui ne dure pas. C’est malheureux !
Je vais dire Valérie Dumaine, car c’est une personne extraordinaire avec qui j’ai eu la chance de travailler, qui s’est solidement ancrée dans le milieu de la mode, tout en restant authentique.

7/ Votre rêve le plus fou ?

Je ne sais pas si vous avez eu la chance de voir le documentaire Dries, mais il y a une scène en particulier où il doit faire des choix pour la prochaine collection et le sol est rempli de tissus, de différentes matières… ça m’a beaucoup marqué !

Mon rêve le plus fou serait de créer des accessoires et des vêtements sans aucune limite, budgétaire certes, mais aussi en termes de matériaux, de moyens, de tissus…

Noémiah X Very Joëlle

Vous aimeriez vous procurer une de ses créations ?
Noémiah compte plusieurs points de vente, ainsi qu’une boutique en ligne.

Laissez-vous inspirer et tenter par sa Collection Anniversaire en collaboration avec Very Joëlle.

Noémiah X Very Joëlle

Coup de coeur maintenant dans ma garde-robe : la cravate brodée en atelier.

© Bruno Guérin